Etant attir? par l’avoir, nous consommons sans r?fl?chir. Nous nourrissons de fait une ?conomie qui repose sur notre consommation. Pas ?tonnant que nous ne soyons jamais rassasi?s. Nous cherchons sans cesse du nouveau, de la quantit? pour varier, de bons prix pour se permettre plus de belles choses pour notre image.
Hypocrisie et consommation
Que ce soit dans le secteur alimentaire, textile, mobilier ou immobilier. Ou encore les secteurs des fournitures, des services, ou de l’investissement, la r?gle est toujours la m?me. On aime accumuler, avoir, changer, vivre encore et th?sauriser. ? l’heure de la mondialisation, les produits que nous achetons proviennent du monde entier. Et les grands acteurs ?conomiques tirent les ficelles de cette ?conomie mondiale.
En petit consommateur que nous sommes, il est souvent plus simple de fermer les yeux et participer ? ce grand jeu qui nous habille et nous nourrit. Une injustice faite de la mis?re, de la sueur et du sang de nos s?urs et fr?res en humanit?. Mais aussi de la destruction de cette terre que Dieu nous a confi?.
Il ne s’agit pas de faire une diatribe de la consommation, mais de mettre en avant l’hypocrisie des consommateurs que nous sommes. D’une part, nous nous indignons du syst?me mondial appartenant aux plus riches qui exploitent les pauvres. Mais d’autre part, nous participons ? cette exploitation les yeux ferm?s et le sourire aux l?vres.
Non-respect de l’environnement et des hommes par de grandes firmes
Avant d’arriver sur notre corps, dans nos assiettes ou sur notre mur, un produit traverse de nombreuses ?tapes. C’est ce qu’on appelle le cycle de vie du produit qui va de l’extraction des mati?res premi?res ? la fin de vie avec le traitement des d?chets. En passant par diverses phases telles que la mise au point, la fabrication ou encore la distribution.
Ces diff?rentes ?tapes se font dans diff?rents pays, et diff?rents continents. La course au plus important b?n?fice pousse les grandes entreprises ? rechercher les opportunit?s les plus avantageuses. Souvent sans se soucier de l’environnement ou des hommes. Ils profitent sans g?ne des lacunes de la loi d’un ?tat concernant les habitants et l’environnement pour exploiter les ressources locales. C’est ainsi que de nombreux cas d’atteintes ? la dignit? humaine et ? l’environnement ont ?t? rapport?s.
Les scandales
Parmi les exemples tristement c?l?bres, se trouve celui de la marque Nike. En 1997, une photo d’un petit pakistanais qui cousait un ballon de la marque avait indign? le monde. La marque avait suscit? de vives critiques du fait de la fa?on dont elle traitait ses employ?s dans des pays en voie de d?veloppement. En effet, profitant de la situation des pays du tiers-monde, elle exploitait ses habitants. Elles les faisaient travailler dans des situations difficiles pour une somme d?risoire, et allant m?me jusqu’? employer des enfants.
Sous la pression d’associations, elle a d?cid? de redorer son image en am?liorant la situation des employ?s de ses sous-traitants et en essayant d’?tre transparente. Des actions qui ont donn? leur fruit. Mais la marque a encore du travail ? faire. Notamment concernant l’utilisation de produits chimiques toxiques. Des produits d?vers?s dans des rivi?res locales, engendrant ainsi des cons?quences d?sastreuses sur l’environnement et sur la sant? des populations locales.
La marque s’est engag?e dans ce domaine gr?ce ? la campagne Detox men? par Greenpeace, mais n’a pas encore pris de mesures concr?tes. D’autres, comme les marques LVMH ou Herm?s n’ont pris aucun engagement concernant la pollution de l’environnement par les substances toxiques mises en cause.
Plus r?cemment, c’est le scandale du Rana Plaza au Bangladesh qui a aussi fait couler beaucoup de sang avec plus de 1 100 travailleurs morts dans l’effondrement d’un immeuble qui abritait des ateliers de confection pour des grandes marques internationales de mode. Ou encore celui des appels de d?tresse de travailleurs trouv? sur des ?tiquettes de v?tements Primark.
La n?cessit? d’un r?veil de la communaut? musulmane
Nous sommes humains, mais en plus de cela, nous croyons en un message divin cens? ?duquer nos ?tres ? un mode de vie sain et ?thique. Comment en est-on arriv? ? r?duire le « halal » uniquement aux produits alimentaires ? Certains consommateurs estiment ne pas avoir de responsabilit? dans la fa?on dont les entreprises produisent, alors que c’est faux !
Le pouvoir du consommateur
Sans lui, l’entreprise n’est rien, elle n’a m?me pas lieu d’?tre. Le consommateur est celui qui la finance, celui que l’entreprise ne veut pas perdre et ne peut pas se permettre de perdre. Dans ces conditions, il est assez absurde de penser qu’il n’a pas son mot ? dire. L’unique probl?me qui peut se poser est la mobilisation de masse. Lorsqu’il est seul, ce n’est certes pas assez, mais cela reste une voix qui peut s’?lever contre ce mode de consommation. C’est ainsi que d’un consommateur, une multitude d’autres peuvent agir et changer les choses.
De plus, au nom des valeurs de justice et d’humanit? qui unissent la communaut? musulmane, les voix peuvent se faire encore plus fortes, et les pressions plus grandes. Des voix qui peuvent s’?lever pour ?tablir une justice et une ?thique dans la fa?on dont les entreprises produisent. De nombreuses campagnes ont donn? leurs fruits, et ont r?ussi ? contraindre les entreprises ? ?tre plus responsables.
La responsabilit? des consommateurs
D?s lors que l’on d?cide de donner notre argent en ?change d’un produit dont on ne sait ni la provenance, ni la fa?on dont il a ?t? fait, notre responsabilit? est engag?e. Que l’on en soit conscient ou non. Il est donc imp?ratif d’assumer sa responsabilit? au moment o? l’on d?cide de sortir de l’argent de notre poche en ?change d’un bout de tissu. D’ailleurs, une grande partie des Fran?ais se dit pr?occup?e par les conditions de fabrication des produits. Mais tous ne sont pas forc?ment pr?ts ? payer plus pour adopter une consommation plus responsable. Il faudrait peut-?tre r?fl?chir ? la v?ritable valeur des produits que l’on d?cide d’acheter. Non pas en unit? mon?taire, mais en effort de production qu’il y a derri?re.
Lorsque nous devrons rendre des comptes ? Dieu sur la fa?on dont nous avons d?pens? notre argent, avoir achet? un produit derri?re lequel se cache une exploitation d’humains, ou une contribution ? la destruction de notre plan?te, nous sera extr?mement n?faste. Et nous devrons tr?s justement payer pour cela.
Notre consommation n’est donc pas un d?tail que l’on pourra penser plus tard. Elle touche d’autres personnes, qui injustement travaillent dur pour que nous puissions acqu?rir ? vil prix des produits qui satisferont nos caprices.

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