La pauvreté… au pas de notre porte

Par RZ

Mar 10, 2015

Par RZ

10 Mar, 2015

Souvent, notre regard la fuit, ne voulant pas martyriser notre ?me. Pourtant, la pauvret? existe bien. Elle est visible, sous nos yeux, au coin de notre rue, ou dans notre propre entourage.

La pauvret? en quelques chiffres

Elle touche de nombreuses personnes en France, en situation pr?caire, n’ayant pas assez pour boucler les fins de mois, ?duquer leurs enfants ou m?me se loger ou se nourrir. Fran?ais ou ?trangers, ?g?s ou plus jeunes, certains d’entre eux se trouvent parfois dans des situations tr?s critiques. Notamment lors de p?riodes d’intenses chaleurs ou de grand froid, mettant ainsi leur vie en danger. Le rapport annuel du Secours Catholique publi? le 6 novembre 2014 met en avant une ? d?gradation du lien social ? et une intensification de la pauvret? en France.

Il y avait, selon l’Insee, 8,5 ? 8,6 millions personnes sous le seuil de pauvret? en France entre 2010 et 2012. Soit 14% de la population, contre 7,4 millions en 2004. Parmi ces personnes, 20% sont des enfants. Bien qu’il y ait eu une tr?s l?g?re diminution de la pauvret? en 2011, c’est ? l’intensit? de la pauvret? ? qui a augment?, ainsi que les in?galit?s sociales. Pour donner un ordre d’id?e, on pose le seuil de pauvret? ? 987 euros par mois. ?videment, le ch?mage a un grand impact sur cette situation.

L’isolement social comme facteur de pauvret?

La pauvret? et l’isolement vont de pair. Les plus pauvres sont les plus seuls. L’isolement est un facteur aggravant, mais aussi un facteur exposant au risque de pauvret?. Il emp?che de pouvoir b?n?ficier d’un soutien psychologique, d’un espoir pour le futur. Ce qui tend ? empirer la situation de ces personnes. Cela concerne notamment les personnes ?g?es seules, les jeunes c?libataires, ou encore les familles monoparentales.

Le ch?mage des personnes ?g?es est une cause directe de l’augmentation de la pauvret? chez cette cat?gorie de personnes. Ils sont plus touch?s que les plus jeunes (11% de ch?mage contre 4% pour l’ensemble de la population). En ce qui concerne les familles monoparentales, elles repr?sentent 20% des m?nages vivant en dessous du seuil de pauvret?. Alors m?me qu’elles ne repr?sentent que 7 % de l’ensemble des m?nages.

Il y a beaucoup d’?trangers parmi ces personnes d?favoris?es, seuls ou en famille. Ils ont souvent fui des situations d?sesp?r?es dans leur propre pays pour rejoindre la France.

Un logement en France : loin d’?tre un droit effectif

L’une des causes principales de l’augmentation du nombre de SDF est la crise du logement. Selon la fondation Abb?-Pierre, le nombre de SDF a augment? de 50% depuis 2001. En 2012, il avait d?j? atteint 141 500 sans domicile fixe, dont 30 000 enfants. Parmi eux, 112 000 sont sans abris. En tout, ce sont 3,6 millions de personnes qui sont soit sans domicile personnel, ou bien vivant dans des conditions de logement difficile (surpeuplement ou en situation d’occupation pr?caire comme les caravanes, l’h?tel, etc.).

Il faut savoir qu’?tre sans abri ne veut pas dire ?tre sans emploi. 3 sur 10 sans-abris travaillent. Ceux-l? ont en g?n?ral un emploi pr?caire. Toutefois, il y a parmi eux des personnes en CDI. Ce sont les prix des logements et l’insuffisance des logements sociaux qui les maintiennent ? la rue.

Lors des p?riodes de grands froids ou de fortes chaleurs, un num?ro d’urgence existe, le 115, qui organise des places d’h?bergements d’urgence. Mais il est satur?. En 2013 par exemple, 43% de ceux qui ont fait appel ? ce num?ro ? Paris n’ont pas obtenu de r?ponse. Ce chiffre s’?l?ve ? 61% en province.

Malgr? des d?clarations politiciennes promettant ? z?ro SDF ?, en 2009, ce sont 358 SDF qui sont morts (non pas uniquement de froid). Il y a un an, selon le collectif les Morts de la Rue, il y en a eu 454 dont 15 enfants (contre 3 en 2012). D’ailleurs, 2015 a tristement commenc? avec la mort d’un b?b?, Francesca, petite rom deux mois, morte de froid ? la gare de Lille Flandres.

La mendicit?

Plusieurs arr?t?s contre la mendicit? ont ?t? pris dans plusieurs villes fran?aises comme Marseille ou Cannes. L’ironie de ces d?cisions est la sanction inflig?e : une peine d’amende pour les mendiants ! C’est d’ailleurs le cas en Espagne o? les amendes sont bien plus lourdes qu’en France. Ces d?cisions contre la mendicit? sont un peu une mode europ?enne, mise ? part l’Allemagne qui s’en d?marque misant plus sur la solidarit?.

Face ? la mendicit? du rue, certains ne veulent pas donner de l’argent se souciant que la personne ach?tera des cigarettes ou de l’alcool. Pour d’autres encore, donner cr?? une relation de d?pendance et d’assistance du mendiant. Ce qui l’emp?chera d’essayer de forcer les choses pour qu’elles changent, ?vitant ainsi de toucher ? leur porte-monnaie.

Alors certes, il y a un sentiment de r?signation ? cette d?pendance et cette assistance chez certains mendiants. Mais si on cherchait sinc?rement une solution ? cela, ce ne serait pas de ne pas donner, mais de faire un v?ritable don de soi. D’aider durablement la personne ? s’en sortir. D’apporter un soutien psychologique, en plus de mat?riel, pour redonner espoir. Donner quelques pi?ces n’est certes pas durable, mais c’est ce qui leur permet de survivre. On peut ?galement pr?f?rer acheter ? manger aux mendiants, ce qui permet d’?tre assur? quant ? la destination de notre contribution. C’est un moyen qui peut certes beaucoup aider. Mais il n’emp?che que cela ne r?gle pas les soucis de frais de logement ? payer, et des frais de tous les jours.

Il est aussi ? noter que l’on trouve beaucoup d’?trangers parmi les mendiants. Ils n’ont souvent aucunes ressources (les ? des m?nages n’ayant pas de ressources re?ues par le Secours Catholiques sont des ?trangers) et ne b?n?ficient pas des aides de l’Etat.

Des aides qui s’organisent

Il existe en France des associations qui viennent en aide aux plus d?munis. Parmi elles se trouvent Au coeur de la pr?carit? qui agit aussi pendant tout le mois de raamdan. Ces associations peuvent agir sur les besoins vitaux de la personne. Certaines accompagnent m?me les personnes et les familles dans leurs d?marches et leurs droits. Comme l’acc?s au logement ou ? la sant?, parfois aux vacances ou ? la culture, ou encore ? une aide ? l’insertion professionnelle?

Le don ? ce genre d’association appara?t comme une tr?s bonne alternative et un tr?s bon moyen pour ?tre assur? que notre argent servira non seulement aux besoins de survie des personnes les plus d?munies, mais peut ?galement aider dans la dur?e les personnes dans le besoin.

Que la mis?re soit ? notre porte, ou ? des milliers de kilom?tres, elle est r?elle. Et ensemble, on peut contribuer ? y rem?dier. Cette vie est ?ph?m?re. L’argent part et revient. Ce que l’on donne en aum?ne n’est jamais une perte, mais une v?ritable ?pargne. Ce n’est pas pour rien que la charit? fait partie d’un des piliers de l’islam, qui est la base de nos principes. N’oublions pas qu’? notre porte, il y a des ?tres humains qui ont faim?

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